Anna Leonte Loron ça fait A.L.L, et moi ce que je veux,
c’est raconter des histoires qui parlent à tout le monde.
Des histoires simples et intimes,
au point d’en devenir universelles.
Des histoires capables de nous rapprocher,
dans ce que la vie a de malheureux et de beau,
dans ses petits riens et ses grands touts.
J’ai cherché une histoire de mode capable d’en faire autant.
Pour me rapprocher de l’intime, je me suis rapprochée du corps.
Du vêtement donc, puisque c’est d’abord lui qui nous touche.
Mais j’ai cherché un vêtement capable de nous toucher jusqu’au coeur,
Un vêtement capable de nous émouvoir. À chaque fois.
Au point de ne jamais nous lasser.
Je l’ai cherché dans mon armoire,
et dans celles des femmes qui m’entourent.
Et je l’ai trouvé.
Ce vêtement, c’est le trench de Momo,
la veste Lacoste de Jean,
la jupe en cuir de Dada,
l’ensemble dans lequel Francine s’est mariée,
le blouson d’André, seul motard dans sa longue liste d’amants.
Ce vêtement, c’est celui dont on a hérité.
L’héritage.
Une pièce à part dans notre armoire.
Tant lui, elle, l’a été dans notre vie.
Ce vêtement là, on ne l’enfile pas.
On prend le temps.
De le regarder. De le toucher. De le sentir.
On le tient contre soi d’abord,
Puis on le met sur soi.
Dans une danse presque religieuse,
qui convoque de fragiles souvenirs.
On s’en couvre, jusqu’à ce qu’il nous enlace.
Et cette étreinte là, finit toujours par nous porter.
Il y a une fierté immense à porter l’héritage.
Une fierté qui nous rend plus fort.e.s.